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  » Mon objectif est de concevoir des modes de vie
éco-responsables en participant
à la construction du monde de demain. « 

Aurélie Deroo

Aurélie Deroo, c’est la femme derrière Cocott’arium. Le principe ? Grâce à l’installation de poulaillers en ville, vous venez y déposer vos biodéchets et en échange, vous repartez avec des œufs ! Aurélie a à cœur de remplir une mission sociale et environnementale. Elle favorise la création de lieux de rencontre et de modes de vie éco-responsables.

Depuis son plus jeune âge, elle affirme sa force, son côté masculin et son intelligence. Pour Aurélie, le monde de demain est rempli de femmes, “belles et puissantes”, qui sont elles-mêmes sans se plier aux diktats de la société. Le bonheur pré-construit lié à la consommation pose de réelles questions aujourd’hui et pousse à une quête de sens plus profonde. Aurélie veut convaincre citoyens et politiques de mettre en place une économie circulaire et favoriser l’autonomie locale ! Et elle n’est pas à bout de projets responsables : l’un des prochains sur la liste ? Le démantèlement des plateformes pétrolières. Un challenge qui a du sens ! 

Qui êtes-vous ? D’où viens-tu ? Que fais-tu ?

Je suis Aurélie Deroo et je suis originaire de l’Oise, pur produit élevé en plein air. Je suis architecte d’intérieur et designer et j’ai créé Cocott’arium qui est un moyen de relier mon engagement environnemental à mon savoir-faire. Aujourd’hui, j’installe des poulaillers en ville dont l’architecture reprend celle des kiosques à musique, pour sensibiliser au vivant, mais aussi au tri des biodéchets et créer des lieux de rencontre et de partage. Le principe est simple, vos déchets en échange d’œufs frais produits localement. Par souci de cohérence, on sauve des poules de l’abattoir et on fait travailler des personnes en insertion professionnelle.

Votre mission sur Terre, selon toi, c’est quoi ?

Mon objectif est de concevoir des modes de vie éco-responsables en participant à la construction du monde de demain.

Ton déclic féministe, c’était ?

Le féminisme n’a pas été un déclic dans mon cas… Née « garçon manqué »  et « macho », qui ne supportait pas d’être assimilée au genre féminin, parce que je ne me reconnaissais pas dans cette étiquette de la « fragilité », de la «  sensiblerie », et de ce corps qui ne semblait devoir exister que sous les traits fantasmés des magazines.

Un jour, une personne de genre féminin m’a demandé quelles étaient les difficultés pour une femme d’entreprendre. Cette question m’a blessée dans un premier temps… Avec tous les efforts que j’avais fait pour exister en tant que « moi » et non en tant que femme ; force est de constater, que quoi que je fasse, je serais toujours « femme ». C’est ce jour-là où j’ai compris que j’étais féministe : je suis une femme qui ne subit pas.

En 2018, j’ai rejoint le programme « Women’act » de l’association EMPOW’HER qui accompagne les femmes dans leur construction de posture de cheffe d’entreprise, une expérience grandissante où j’y ai fait la connaissance de femmes incroyables dans leurs authenticités, belles et puissantes à la fois. Ces femmes m’ont donné à voir une autre façon d’être « femme ».

T’étais comment plus jeune ?

Je ne voulais rien d’autre qu’être « moi » et gare à celui qui osait dire que j’étais « mignonne » parce que non, je ne suis pas « mignonne » et c’est ce que j’affirmais en complétant ma réponse par « je suis intelligente et capable de te faire rougir au bras de fer si tu continues de penser que je suis mignonne ». Une vaste caricature que j’avais construit au fil des années, pratiquant des sports avec un rapport de force où la majorité des personnes étaient de genre masculin. J’ai cultivé cette force physique et tout ça avec la plus grande satisfaction contrastant avec mon image de fille sage, qui ne laissait rien entrevoir. Et puis, j’ai fini par grandir alimentant cette rébellion interne, essayant parfois de tendre vers une certaine féminité visible dont j’ai fini par déterminer les traits.


 » Demain, doit se remplir de ces visages de femmes
belles parce qu’elles ne ressemblent qu’à elles-même
sans travestir ce qu’elles sont.
 « 

Aurélie Deroo

Ta vison du monde de demain ?

Demain, doit se remplir de ces visages de femmes belles parce qu’elles ne ressemblent qu’à elles-même sans travestir ce qu’elles sont.

Si tu devais donner un conseil aux jeunes générations d’aujourd’hui ?


Il est précieux de pouvoir écouter les personnes avant de leur prodiguer des conseils, la question étant ouverte, je répondrai la chose suivante : “ n’essayez pas d’être la ou le meilleur de ce qu’on attend de vous, mais soyez le meilleur de vous-même pour vous-même, et faites-le à fond ”.

Quels sujets te tiennent à cœur ? Pourquoi ? 


« Les autres », comprendre le fonctionnement de chacun, leurs raisonnements, leurs émotions, leurs fragilités, leurs forces, leurs convictions, ce qui est important pour eux, ce qui les touchent. Rentrer dans l’intimité des personnes, découvrir leur intérieur (appartement/maison), comment les personnes se les approprient, c’est un peu comme essayer de les comprendre, de les deviner. « Montre-moi ton intérieur, je te dirais qui tu es », cette curiosité m’aide à comprendre la société dans laquelle j’évolue. Les objets parlent de nos sociétés et de ce que nous sommes. Les designers – architectes – artisans – faiseurs de ces objets possèdent une vraie responsabilité en contribuant à la construction du monde de demain, plus durable, plus inclusif, plus vertueux. Ces métiers demandent avant tout des qualités humaines d’écoute, d’observation et d’immersion afin de tendre vers un objet qui a du sens. Sa fonction même doit être interrogée. Un objet peut être politique et posséder l’opinion de celui qui le conçoit. Charlotte Perriand, designer française du début du XXème siècle, conçoit les premières cuisines ouvertes. La place de la femme au sein du foyer familial s’en est vu transformée, par ce geste fort d’ouvrir cette pièce jusqu’alors fermée, la femme était rendue visible.

C’est quoi ton prochain projet ?  


Principalement existant dans certaines de mes archives, mais la réhabilitation de plateformes pétrolières est un sujet intéressant dans son ambivalence. D’un côté le démantèlement de ces monstres, géants des mers, à l’origine d’un dysfonctionnement climatique… Mais en même temps, par leur présence depuis 50 ans maintenant pour les plus anciennes, il se trouve qu’une biodiversité sous-marine s’est développée au pied de ces plateformes et que le démantèlement de celles-ci provoquerait la destruction de cet éco-système. 

Pour toi, le grand défi environnemental de ces prochaines années c’est …? 


L’image pré-construite du bonheur, telle qu’elle nous a été proposée à travers le prisme de la consommation, se confronte à une forme de désillusion. Nos sociétés dématérialisées sont en manque de matérialité, de palpable, d’authenticité. Cette quête de sens interroge nos actions au quotidien : nos emplois, nos moyens de nous déplacer, de consommer, de voyager, nos loisirs et même notre conception de la famille.

Le grand défi environnemental sera de convaincre l’ensemble des citoyens et politiques, de changer de stratégie économique et sociale, qui consiste à valoriser une économie circulaire qui tend vers une optimisation des ressources favorisant l’autonomie locale :

– Relancer les commerces de proximité et dynamiser les villes afin de favoriser l’activité locale et permettre aux territoires de devenir attractif économiquement et culturellement (et ainsi réduire les déplacements vers les grandes villes qui centralisent l’économie, la culture et les loisirs).

– Valoriser l’intelligence des savoirs-faire qui assure la qualité et la pérennité des produits comme les agriculteurs, artisans, cordonniers, réparateurs d’électroménager etc…

– Développer massivement le marché du reconditionné (Emmaüs, recyclerie, ressourceries, marché de l’informatique reconditionné, etc.)

– Supprimer tous les emballages des magasins au profit de contenants réutilisables ou de consignes.

– La mise en place de sites de compostage dans toutes les villes.

– Développer l’accès à la mobilité douce (pistes cyclables entre les villes de province par exemple).

– Tendre vers plus d’inclusion sociale, le but n’étant pas d’opposer les populations les unes contre les autres mais de travailler ensemble.

– Et j’ajouterai à tout ça…de la légèreté, juste parce parfois un sourire peut éclairer toute une journée, alors il nous en faudra aussi !

Tu es une jeune femme ou minorité de genre, tu as entre 15 et 25 ans, tu doutes de tes talents, tu n’arrives pas à faire des choix dans tes études tu te sens seul·e avec tes questions, tu veux explorer ton plein potentiel ou rencontrer des rôles modèles?

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